Prix européen du musée de l'année

LES LAURÉATS 2022

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Lauréats de l’EMYA 2022

L’année passée sera inscrite dans notre mémoire collective comme une interminable période de douze mois, la deuxième année de la pandémie de covid-19, qui a forcé l’humanité et chacun d’entre nous à revoir ses schémas des pensée préétablis, à redéfinir ses priorités et son mode de vie, à reconsidérer ses relations avec autrui et avec soi-même, et peut-être même à redécouvrir le monde et son positionnement dans son écosystème complexe. Ce choc sociétal radical, avec ses multiples strates, phases et implications, est déjà passé au crible non seulement en tant qu’expérience vécue, mais aussi en tant que sujet d’étude approfondie par des chercheurs de tous domaines scientifiques et d’autres disciplines. Il est certain que cette rencontre collective soudaine avec des territoires inexplorés de la connaissance de la vie, cette marche universelle vers de nouvelles frontières de la résilience humaine, ont été animées de sentiments mêlés, allant d’une grande angoisse existentielle à un profond espoir d’une vie meilleure et ayant plus de sens.

Les musées font partie intégrante de nos sociétés et la secousse sociétale provoquée par la pandémie les a, sans surprise, ébranlées jusque dans leurs fondations. Comment pouvait-il en être autrement ? Leur longue généalogie atteste que les musées ont toujours été les réceptacles symboliques de bien plus que quelques secousses et transformations sociétales ; leur existence est tissée d’histoires de luttes, de résilience, de transformation et d’innovation. Du reste, la nécessité impérieuse d’une réinitialisation générale de leurs données de fonctionnement et d’évaluation s’était fait sentir avant même que la « comète » corona ne frappe la planète Terre.

Dans les annales du Forum européen du musée/Prix européen du musée de l’année (FEM/EMYA), on se souviendra précisément de cette deuxième année de pandémie comme d’une année de résistance aux obstacles et de réorganisation des opérations, qui auront exigé souplesse et capacité à relever les défis aussi bien de la part de l’énergique communauté muséale d’Europe que de l’équipe du FEM/EMYA. Contre toute attente, le concours 2022 du Prix européen du musée de l’année a non seulement eu lieu comme d’habitude, mais a également remporté un succès notable, grâce au nombre très élevé de candidatures déposées par les musées, et à la diversité remarquable des projets, marqués par une nouveauté muséologique inspirante et un fort impact social, soit un vivier de candidats exceptionnel. À la fin du mois de mai 2021, 39 candidatures en provenance de musées de 19 États membres du Conseil de l’Europe étaient arrivées dans la boîte de réception du Forum européen du musée. Avec les 21 candidatures du concours 2021 qui avait dû être reporté en raison des restrictions imposées pendant la première année de pandémie de covid-19, cela portait le nombre total de candidats pour 2022 à 60 musées de 27 États membres du Conseil de l’Europe. Ce chiffre montre combien le Prix européen du musée de l’année reste important pour les musées européens. Au cours de l’été et de l’automne 2021, les juges de l’EMYA se sont rendus dans l’ensemble des musées candidats, ce qui constitue un exploit remarquable au regard de la complexité et de l’imprévisibilité des déplacements en Europe.

En 2021, le jury du Prix européen du musée de l’année était composé de treize (13) membres, dont trois (3) étaient d’anciens juges siégeant en tant qu’invités, qui ont été sollicités par le conseil d’administration du FEM pour soutenir le jury et augmenter par conséquent sa capacité globale, sa couverture géographique et sa capacité à utiliser les couloirs de déplacement ouverts entre certains pays et régions.

Grâce à la quarante-cinquième édition du concours EMYA, les 60 musées candidats, qui avaient déjà un impact culturel et social impressionnant et étaient déjà très appréciés dans le secteur des musées en Europe et au-delà, ont gagné en visibilité. Cependant, 12 d’entre eux se sont particulièrement distingués et ont été jugés dignes de remporter les éminents prix et mentions spéciales du concours. Ces projets révèlent l’importance majeure que prennent peu à peu les musées, en tant que réflecteurs de la complexité de l’âme et de l’esprit humains, en tant que soignants et guérisseurs des collectivités et des individus, en tant que porte-paroles pacifiques d’une spiritualité personnelle et personnalisée,et en tant que protecteurs actifs du droit à la différence dans toute société. Ils sont aussi des marqueurs de la fierté locale et des vecteurs de changement positif. Ces investigateurs habiles de la connaissance utilisent le doute constructif pour faciliter la pensée critique et l’innovation. Ils jouent un rôle clé dans la construction de sociétés durables et d’écosystèmes créatifs et connectent entre elles des idées et des cultures différentes. Leurs efforts permanents pour innover, pour réexaminer les récits construits autour des identités individuelles, locales et nationales et pour faire prendre davantage conscience du changement climatique sont exemplaires et leur ont offert une place spéciale sur le podium de la reconnaissance muséale de l’EMYA 2022. Cette année, un accent particulier est également placé sur les questions du colonialisme et de la décolonisation, de la restitution, de la réparation et du rapatriement, qui ont façonné le débat public sur les musées en 2021.

Le lauréat du Prix européen du musée de l’année 2022, le Musée de l’esprit | Dolhuys, dans la ville néerlandaise de Haarlem, est installé dans un bâtiment médiéval de 700 ans initialement construit hors les murs pour y enfermer les personnes « indésirables ». Géré par une fondation privée à but non lucratif créée par quatre hôpitaux psychiatriques, le musée de l’esprit est excellent et innovant dans sa manière d’humaniser la psychiatrie, d’explorer la nature de l’esprit humain et d’incarner le pouvoir des musées dans le tissu social. Chacun de ses aspects montre qu’il s’agit d’une institution centrée sur l’humain qui met l’accent sur l’expérience des personnes considérées comme « différentes ».

Si de nombreux musées s’intéressent aux programmes d’amélioration de la santé mentale et à la neurodiversité, le musée de l’esprit se démarque par sa position de centre d’excellence dans ce domaine, en raison de son système d’administration, avec des liens avec les fondations et organismes nationaux de santé mentale, de sa façon de concevoir des contenus et des expositions conceptuelles, et de son adéquation avec les enjeux de notre époque, aussi bien pour son personnel que ses divers publics. Le musée de l’esprit est un musée exceptionn- ellement humain, interactif, participatif et militant, fondé sur un projet d’avant-garde qui transforme le concept de musée en une école de la vie avec un esprit très ouvert, et ceci dans un bâtiment au lourd passé marqué par la mémoire d’une succession de maladies, mais aussi par une grande résilience. C’est aussi un projet social incroyablement précieux réalisé par le biais du musée, qu’il faudrait revisiter régulièrement pour trouver de nouvelles réponses sur la condition humaine et cultiver des graines d’espoir d’un avenir meilleur pour soi et pour la société.

Le lauréat du Prix du musée du Conseil de l’Europe 2022, Nano Nagle Place à Cork, en Irlande, est un musée in situ, qui célèbre l’oeuvre éducative et religieuse menée au XVIIIe siècle par Honora Nagle, dite « Nano » Nagle, fondatrice d’une école destinée aux catholiques pauvres de Cork, à une époque où c’était illégal. Le musée raconte son histoire, ainsi que celle de la vie et du travail des religieuses. L’organisation caritative qui gère le musée poursuit l’oeuvre éducative et spirituelle de l’ordre par l’intermédiaire du Centre des migrants de Cork, qui fournit des services aux demandeurs d’asile et aux réfugiés, et de la Lantern, qui gère des services d’éducation et de développement de proximité, afin d’inscrire la lutte éternelle pour l’égalité et la justice sociale dans le cadre de pensée et d’action du XXIe siècle. Il s’agit d’un lieu exemplaire où l’on prend soin d’autrui en fonction de ses besoins et non pas d’une doctrine, qui offre des services culturels et sociaux sur le long terme et correspondant à l’esprit fondateur du musée, celui d’une éducation et d’une prise en charge innovantes des pauvres et des exclus.

Cette année, le Prix Kenneth Hudson 2022 est décerné à quatre personnes plutôt qu’à un musée du groupe des candidats nominés. En tant que chercheurs et directeurs de musée, ces quatre personnes (Wayne Modest, Nanette Snoep, Laura van Broekhoven et Léontine Meijer-van Mensch) se consacrent activement et passionnément au développement d’une nouvelle éthique mondiale pour les musées sur les questions de décolonisation, de restitution, de réparation et de rapatriement. Le Musée de la chaussure et de l’industrie, à Inca, en Espagne, est un musée enraciné dans la communauté locale qui se consacre à l’histoire de la chaussure, de sa fabrication et de ses industries auxiliaires, du XIIIe siècle à nos jours. Avec peu, voire pas d’argent, mais beaucoup de coeur et d’énergie, ce musée remporte le Prix Silletto grâce à un soutien local évident. Il a réussi à transformer son histoire et son avenir grâce à la participation active de la population, à une collaboration étroite avec différents groupes et à une importante étude menée auprès de visiteurs représentatifs de l’ensemble de la collectivité. Aujourd’hui, le musée met principalement l’accent sur le travail intergénérationnel, sur la transmission des savoirs et des compétences aux jeunes générations et sur l’enseignement, afin d’inspirer et d’encourager une renaissance de la cordonnerie artisanale, pour laquelle il existe un marché parmi le grand nombre de touristes qui se rendent tout au long de l’année à Majorque.

Le Musée universitaire d’histoire naturelle de Bergen, en Norvège, est le lauréat du Prix du musée de Portimão. Situé au coeur du campus, non loin du centre-ville de Bergen, ce musée est devenu l’image de marque de l’Université de Bergen. Il combine des présentations innovantes, ouvertes d’esprit et dialogiques qui reflètent ce que devraient être les nouvelles missions et visions d’un musée universitaire. Avec tous ses services et expositions, il remplit brillamment sa fonction sociale et démontre qu’une université peut tirer parti de son musée pour servir la société en créant de la connaissance avec la participation du public. Holmegaard Vaerk au Danemark est un nouveau musée ouvert au public en juin 2020 dans les locaux de l’ancienne verrerie Holmegaard, l’un des principaux fabricants de verre du Danemark et de Scandinavie depuis 1825. Le Prix Meyvaert du musée pour la durabilité lui a été décerné pour son travail en étroite collaboration avec la population locale, qui fait de lui un centre de culture et d’art créatifs et durables. Il préserve l’héritage de Holmegaard non seulement en tant qu’usine de verre, mais aussi en tant qu’élément de l’identité locale, profondément associée à une tradition artistique et créative et à une marque reconnue bien au-delà du Danemark. Sept (7) musées ont obtenu des mentions spéciales.

Le Musée de l’Université de Gand (GUM), en Belgique, est un nouveau musée universitaire des sciences parfaitement intégré à l’université, tant du point de vue de son bâtiment que de ses objectifs et propositions éducatives. Dans ce musée consacré à la science, à la recherche et à la pensée critique, les visiteurs sont amenés à découvrir que la science est le fruit du doute, de l’imagination, d’erreurs et de réussites. Le visiteur peut réellement se plonger dans le cerveau d’un scientifique, partager les diverses difficultés qu’il rencontre et voir comment cela influe sur nos vies et nos façons de penser. Le GUM est un lieu où les visiteurs sont inspirés par la pluralité inattendue des significations et des interactions présentées dans les différents thèmes et par la manière dont elles sont exposées. Plutôt que de proclamer une seule vérité, le musée invite à embrasser une multitude de perspectives et incite au dialogue, favorise la citoyenneté critique et développe la culture scientifique d’une manière fascinante et captivante.

experimenta est le plus grand centre scientifique d’Allemagne, situé dans la ville de Heilbronn. Il propose une expérience multisensorielle dans laquelle chaque visiteur intervient activement et interagit avec son contenu, mais à son propre rythme et en fonction de ses propres intérêts et capacités. L’exposition non seulement permet, mais aussi encourage la participation active des visiteurs et les invite à découvrir le monde qui les entoure ainsi qu’à réfléchir à leur rôle et à leur place dans celui-ci. L’innovation, l’interaction et la promotion d’une vision du monde humaniste sont au coeur du travail du musée qui cherche, au moyen de tous ses programmes et activités, à susciter des changements sociaux positifs dans différents domaines.

Le Musée Sigismondo Castromediano de Lecce, en Italie, est le plus ancien musée archéologique de la région des Pouilles. Depuis l’ouverture de sa nouvelle exposition permanente en 2019, il recherche activement de nouvelles manières d’attirer le plus large public possible en supprimant toutes les barrières physiques, mentales ou psychologiques qui pourraient exister. Il est récompensé par une mention spéciale pour l’excellence et l’innovation dont il fait preuve dans divers aspects de son travail et pour son approche de la muséologie et de la conservation qui met l’accent sur les visiteurs.

La maison de Nicolas Copernic à Toruń, en Pologne, est un musée qui montre qu’on peut faire du bon travail avec des ressources limitées et une petite équipe de conservateurs, mais avec beaucoup d’enthousiasme. Il a réussi à créer une nouvelle approche interprétative d’un musée biographique axé sur la vie et le travail de Copernic et sur l’héritage qu’il a laissé à la science et la société.

Le Nordiska Museet de Stockholm est l’un des plus anciens et plus prestigieux musées de Suède. Consacré à l’histoire culturelle et historique du pays et de l’ensemble de la région arctique, il raconte l’histoire du mode de vie et des traditions nordiques depuis le XVIe siècle. Il met l’accent sur les populations autochtones des pays nordiques et présente l’histoire et l’avenir de la glace et de l’environnement naturel, et, par ce biais, l’impact qu’auront le changement climatique, le réchauffement de la planète et la fonte des glaces sur les populations de l’Arctique.

Le Musée suisse de la cécité, Voir autrement, est un petit musée situé dans le nord de Berne. Très inclusif dans sa philosophie, sa politique et sa conception, il présente l’histoire de deux siècles d’éducation des aveugles en proposant diverses expériences sensorielles et concrètes et en offrant un environnement d’apprentissage pour tous.

Enfin, ‘The Box’ à Plymouth (Royaume-Uni), est un musée régional remarquable qui, en très peu de temps, est devenu une nouvelle institution bien organisée qui ambitionne d’avoir un grand impact culturel, éducatif et social. Avec des expositions exceptionnelles et un accès facile pour tous, ce complexe muséal représente un nouvel atout culturel pour la ville de Plymouth. Ses programmes de mobilisation de la population à différents niveaux et pour différentes tranches d’âge sont exemplaires. Il s’agit en effet d’un musée qui se préoccupe des problèmes de sa ville et de sa région et qui considère qu’il peut être utile à ses habitants.

Après avoir oeuvré pendant six années consécutives au sein du jury du Prix européen du musée de l’année, j’achèverai en mai 2022 mes deux mandats au service du Forum européen du musée. Pendant ces six années, j’ai visité des musées incroyablement inspirants qui ont renforcé ma confiance en la capacité des musées à apporter des changements positifs dans la vie des individus et à jouer un rôle de tremplin pour leur permettre d’accéder au monde, le repenser et réévaluer leur place dans celui-ci. J’aime à croire que, quelles que soient les questions, les musées ont toujours les clés pour y répondre. J’attends déjà avec impatience le prochain concours de l’EMYA pour découvrir de nouvelles interprétations du monde par le biais des musées.

StarLE PRIX EUROPÉEN DU MUSÉE DE L'ANNÉE 2022

Haarlem, PAYS-BAS

Museum of the Mind | Dolhuys

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« Avez-vous déjà rencontré quelqu’un de normal ? Avez-vous aimé cela ? ». L’affiche des années 1970 qui porte ces mots est l’une des nombreuses pièces fascinantes du musée de l’esprit, et témoigne d’un grand progrès dans l’humanisation non seulement des musées médicaux, mais aussi des musées en général.

Le renouvellement créatif et radical du musée de l’esprit de Haarlem intervient à un moment clé pour la société et pour les musées. Avant 2020, l’Organisation mondiale de la santé a prédit que compte tenu des pressions croissantes de la vie moderne, la maladie mentale constituerait un défi toujours plus grand pour la santé mondiale. Bien que ce soit la covid-19 (et les éventuelles pandémies à venir) qui nous préoccupe actuellement, cette prédiction reste vraie, et pourrait être aggravée par les séquelles laissées par la covid-19 sur la santé mentale, qui risquent d’être profondes et durables.

Il n’y a pas eu de mobilisation mondiale équivalente de la science et des institutions pour s’occuper des questions de santé mentale, ce qui se traduit par un manque d’investissement. Cette situation s’explique par le déni et la stigmatisation de la maladie mentale, et au fait qu’elle ne se prête pas à des traitements relativement simples comme les vaccins. Le message du musée de l’esprit est que les musées peuvent aller au-delà des programmes de santé mentale destinés à de petits groupes et apporter beaucoup plus. Ils peuvent aider à créer une société plus saine, en incarnant une attitude humaine, bienveillante et respectueuse envers l’humanité dans tous les aspects de leur travail. Cela vaut pour tous les musées, et pas seulement pour ceux qui se consacrent à la santé. La réussite du musée de l’esprit réside dans le fait qu’il ne se contente pas de préserver ce que nous souhaitons emporter dans l’avenir, mais qu’il transforme les visiteurs en citoyens curieux, attentifs à l’esthétique, réfléchis et critiques, qui peuvent tous contribuer à créer une société en meilleure santé.

En passant d’une vision médicale à une vision sociale de l’esprit et de la maladie mentale, le musée de l’esprit développe également une conception sociale des musées. Il met l’accent sur l’expérience des personnes considérées comme « différentes » et emmène le visiteur dans un « voyage interactif de découverte de son propre esprit et de celui des autres ». Dans tous ses aspects, des expositions au café, de la restauration architecturale au programme d’activités, le musée vise l’excellence et affirme son rôle d’institution centrée sur l’humain. Le visiteur y est confronté à de grandes questions essentielles : Qu’y a-t-il dans ton esprit ? Qui es-tu ? Qui aimes-tu ? Qui vois-tu ? Qui prend soin de ton esprit ? Peux-tu dire ce que tu penses ? L’exposition s’achève sur une question générale « Souhaites-tu t’associer à notre mission en signant la Déclaration pour l’ouverture d’esprit ? ». Le musée de l’esprit est une institution exceptionnellement humaine, interactive, participative et militante, qui considère le musée comme une école de la vie, et ceci dans un bâtiment au lourd passé marqué par la mémoire d’une succession de maladies, mais aussi par une grande résilience. Ce musée est le siège d’un projet social incroyablement précieux, où l’on aimerait retourner régulièrement pour trouver de nouvelles réponses – et de nouvelles questions – sur la condition humaine et pour cultiver des graines d’espoir d’un avenir meilleur pour soi et pour la société.

StarLE PRIX DU MUSEE DU CONSEIL DE L'EUROPE 2022

Cork, IRELANDE

Nano Nagle Place

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Nano Nagle Place à Cork, en Irlande, est un musée in situ qui célèbre l’oeuvre éducative et religieuse menée au XVIIIe siècle par Honora Nagle, dite « Nano » Nagle (1718 – 1784). Cette dernière a fondé une école destinée aux catholiques pauvres de Cork, à une époque où c’était illégal, du fait de la conquête de l’Irlande par l’Angleterre, qui a imposé la religion d’État et retiré de nombreux droits civils aux catholiques. Elle a ensuite fondé les Soeurs de la présentation, qui gèrent toujours des établissements scolaires dans de nombreuses régions du monde, et qui ont fourni les 24 millions d’euros nécessaires au projet. Parmi les quatre bâtiments du XVIIIe siècle qui ont été restaurés, l’un d’eux a été construit sous la supervision de Nano Nagle. Les murs d’origine renferment aujourd’hui un jardin urbain, la tombe de Nano Nagle et le cimetière des religieuses. Une chapelle néo-gothique du XIXe siècle a été ajoutée par la suite.

Le musée raconte l’histoire de la vie et du travail de Nano Nagle et des religieuses. L’organisation caritative qui gère le musée poursuit l’oeuvre éducative et spirituelle de l’ordre par l’intermédiaire du Centre des migrants de Cork, qui vient en aide aux demandeurs d’asile et aux réfugiés, et de la Lantern, qui gère des services d’éducation et de développement de proximité, notamment des groupes de travail destinés aux hommes vulnérables qui vivent seuls et aux habitants du centre-ville. Il s’agit par ce biais de porter « le combat de Nano Nagle pour l’égalité et la justice sociale dans la Cork du XXIe siècle ». Les services ne sont pas dispensés dans le cadre de projets de courte durée, mais sont fournis sur le long terme et sont d’une qualité exceptionnelle. Ils sont une expression de l’esprit qui imprègne tous les aspects du musée, à savoir qu’il ne s’agit pas seulement d’« accueillir », mais aussi de « prendre soin » – prendre soin de sa communauté, prendre soin des exclus, prendre soin de ses traditions, prendre soin de la planète et prendre soin de ses visiteurs.

Bien que le lieu soit enraciné dans la tradition religieuse spécifique du catholicisme, et que des religieuses y vivent encore et proposent des activités spirituelles dans le cadre du programme du musée, il y règne un puissant sens de l’entraide fondé sur le besoin et non sur la doctrine. Il offre des services culturels et sociaux sur le long terme et correspondant à l’esprit fondateur du musée, celui d’une éducation et d’une prise en charge innovantes des pauvres et des exclus. Toutes les activités prévoient une stratégie de sortie pour les participants, qui sont accompagnés pour passer à l’étape suivante de la formation ou de l’emploi.

Nano Nagle Place s’est vu décerner le Prix du musée du Conseil de l’Europe pour la façon dont sa « politique inclusive » explicite et active cherche à « rapprocher les cultures, dépasser les frontières sociales et politiques » et en particulier à « établir des liens entre les problématiques historiques et contemporaines ». L’engagement actuel du musée n’est pas une renaissance, mais une continuation directe de l’élan originel de Nano Nagle vers les exclus qui a conduit à la fondation de l’école et du couvent il y a plus de 250 ans. Il témoigne d’un courant de pensée de l’histoire européenne qui a donné naissance à la notion de « droits de l’homme », fondée sur la croyance judéo-chrétienne que tous les humains ont une âme d’égale valeur, indépendamment de leur statut social ou économique. L’importance attachée à l’hospitalité envers « l’autre » imprègne le musée, qui demande explicitement aux visiteurs : « Que choisissez-vous de faire ? ».

StarLE PRIX KENNETH HUDSON POUR LE COURAGE INSTITUTIONNEL ET L’INTÉGRITÉ PROFESSIONNELLE 2022

Le colonialisme et la décolonisation, la restitution, la réparation et le rapatriement sont autant de questions essentielles qui ont façonné le discours public sur les musées en 2021. En effet, si elles ne sont que le sommet de l’iceberg du pouvoir colonial et impérialiste, les collections des musées n’en sont pas moins lourdes de sens, des deux côtés du fossé colonial, en tant que vestiges extrêmement visibles et tangibles du temps de la gloire et de la domination mondiale de l’Europe.

Le Prix Kenneth Hudson 2022 est remis conjointement à quatre personnes qui, en qualité de chercheurs et de directeurs de musées, contribuent activement à développer une nouvelle éthique mondiale pour les musées. Avec beaucoup de courage personnel, elles se sont emparées de ces questions très contestées et politisées et les ont solidement intégrées dans leurs pratiques muséales, donnant un espace et une expression à des points de vue qui ont été continuellement et systématiquement rejetés. Le Forum européen du musée est, bien entendu, conscient qu’il existe une multitude d’autres personnes derrière, à côté et avec ces quatre lauréats, notamment sur d’autres continents et dans les communautés diasporiques d’Europe, mais également dans d’autres musées européens. Que l’attribution de ce prix Kenneth Hudson soit donc symbolique et emblématique.

En sa qualité de directeur du contenu du Musée national néerlandais des cultures du monde et de directeur fondateur du Centre de recherche sur la culture matérielle dudit musée, Wayne Modest est une figure mondiale de premier plan dans l’exploration de ce domaine, abordant avec toujours une exquise subtilité la complexité de l’imbroglio colonial dans les musées, engageant des dialogues multiformes et des analyses à plusieurs niveaux, et faisant évoluer les paradigmes de la décolonisation vers des concepts et processus positifs, revitalisants et redynamisants, pouvant potentiellement inspirer un autre avenir pour les politiques et épistémologies muséales et changer la forme de la recherche muséale, des collections et de leur entretien.

Avec l’exposition RÉSISTE ! L’art de la résistance, en 2021, le musée Rautenstrauch-Joest, sous la direction de Nanette Snoep, a replacé dans un contexte historique la question de la bataille pour la reconnaissance des guerres et des traumatismes coloniaux, ainsi que pour la restitution, la réparation et la justice. RÉSISTE ! a été conçue, gérée et mise en valeur en collaboration avec des artistes, des chercheurs et des militants de l’hémisphère Sud et de la diaspora, et a créé un espace polyphonique de solidarité, de débat critique et de dialogue. Les réseaux actifs et durables qui s’y sont ainsi formés avec différentes communautés et parties prenantes auront une influence majeure sur la réinvention de ce que l’on appelle le musée ethnographique.

Le Pitt Rivers Museum, dirigé par Laura van Broekhoven, a poursuivi sa courageuse et transparente réflexion sur lui-même en 2021. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la recherche et des publications académiques traditionnelles, ainsi que dans une série de projets et d’événements au cours desquels les personnes ayant une relation primaire ou une demande à l’égard de collections particulières peuvent rencontrer ces objets dans le musée, afin de les libérer du métalangage oppressant utilisé pour les rassembler, les classer et les raconter. En remettant systématiquement en question et en délégitimant l’histoire suprémaciste de la constitution de collections ethnographiques, le musée facilite, génère et transmet d’autres modèles et cadres d’interprétation.

En 2021 les Collections nationales d’ethnographie de Saxe, sous la direction de Léontine Meijer-van Mensch, ont accueilli dans les rues de Dresde une campagne d’affichage spectaculaire de l’artiste nigérian Emeka Ogboh, intitulée « Manquant au Bénin », qui a eu un fort retentissement. Les nouvelles galeries du musée Grassi de Leipzig accordent une place centrale à la restitution et aux rencontres entre les objets et le public, pour parer à l’aliénation et à la stase dont souffrent les objets dans le contexte muséal, lorsqu’ils sont privés de leurs histoires de vie particulières, de leur identité individuelle et de leur autonomie. En amenant ces questions au grand jour, dans la sphère publique, dans les rues, le musée associe et fait participer les habitants, le public saxon, tout le monde. Les questions du colonialisme, du pouvoir et des privilèges nous concernent tous.

StarLE PRIX SILLETTO POUR LA PARTICIPATION ET L’ENGAGEMENT DE LA POPULATION LOCALE 2022

Inca, ESPAGNE

Musée de la chaussure et de l’industrie

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Voici un musée qui a peu, voire pas d’argent, mais beaucoup de coeur et d’énergie. Le musée de la chaussure et de l’industrie est le plus important musée industriel des îles Baléares. C’est un musée local qui se consacre à l’histoire de la chaussure, de sa fabrication et de ses industries auxiliaires du XIIIe siècle à nos jours. Toutes les pièces de la collection ont été données ou prêtées par des entreprises locales ou des particuliers. Le musée accueille des expositions temporaires liées à son thème et possède une grande exposition permanente présentant des outils de fabrication traditionnels, des machines provenant d’anciennes usines de la région, une collection de chaussures anciennes, des photographies, des dessins, des magazines, du matériel publicitaire et de nombreux objets d’art. Il abrite également un cabinet de curiosités contenant des pièces étranges et fascinantes liées au monde de la chaussure.

Voici un musée qui était entièrement consacré aux machines, et qui aujourd’hui est entièrement consacré aux gens – à la population locale, aux fabricants locaux, à leur fierté d’être des travailleurs qualifiés dans une industrie aujourd’hui largement disparue, et qui sont maintenant profondément investis dans ce musée comme s’il était le leur. Voici un musée qui a changé son histoire, et par conséquent son avenir.

Sous la conduite d’un nouveau directeur et avec le soutien de la municipalité, le musée a redressé une institution en faillite. Il y est parvenu grâce à un processus de consultation locale approfondi et important (plus de 1 000 répondants locaux), à des partenariats avec l’industrie locale et à une forte volonté de « peupler le musée ».

Le musée a prêté l’oreille et, avec un budget minuscule, a commandé un réaménagement complet de l’exposition, avec un nouvel accent sur les personnes qui sont derrière les machines et sur la participation permanente de la population locale. Ces changements ont donné lieu à une rénovation complète qui s’est déroulée en plusieurs phases jusqu’à l’amélioration finale en 2021.

Dans les galeries, des machines complexes peuvent être silencieuses, mais les voix ne le sont pas : le musée s’est efforcé, avec des ressources limitées, de brosser le portrait de nombreux habitants (anciens fabricants de chaussures) et de raconter leur histoire. Ces récits relatent notamment l’histoire de femmes qui travaillaient à la pièce, essentiellement à domicile, d’abord à la main, puis avec une machine, apportant un élément du processus complexe de fabrication d’une chaussure, avant de la transmettre à la maison suivante où une femme apportait un autre élément. Finalement, après de longues luttes pour les femmes dans cette société traditionnelle, les travailleuses ont pu se syndiquer.

Aujourd’hui, le musée met principalement l’accent sur le travail intergénérationnel, sur la transmission des savoirs et des compétences aux jeunes générations, afin d’inspirer et d’encourager une renaissance de la cordonnerie artisanale, pour laquelle il existe un marché parmi le grand nombre de touristes qui viennent à Majorque. Le manque de moyens financiers a nécessité des solutions astucieuses, comme celle de faire appel à l’école de menuiserie locale, afin que les apprentis fabriquent des supports en bois pour les lourdes machines – de sorte qu’elles puissent être déplacées lorsque les expositions sont rafraîchies ou renouvelées. Le musée gère aujourd’hui un programme d’ateliers d’apprentissage, qui met en relation des jeunes avec des travailleurs du cuir et des cordonniers qualifiés plus âgés. Il existe également un programme de bénévolat en pleine expansion avec les habitants de la région (dont beaucoup sont d’anciens fabricants de chaussures), qui interviennent comme « conseillers en matière de chaussures », comme guides, comme coconservateurs, comme chercheurs en histoire ou comme catalogueurs.

StarLE PRIX DU MUSÉE DE PORTIMÃO POUR L’ACCUEIL, l’INCLUSION ET L’APPARTENANCE 2022

Bergen, NORVÈGE

Musée universitaire de Bergen – histoire naturelle

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Le Musée universitaire d’histoire naturelle de Bergen a réouvert ses portes en octobre 2019 après une rénovation complète qui a pleinement respecté l’atmosphère du plus ancien bâtiment de musée de Norvège, construit en 1865 et protégé par l’État norvégien. Le bâtiment a été traité avec subtilité, en conservant les planchers en bois d’origine, les fenêtres d’origine et même le verre irrégulier des vitrines historiques. La lumière du jour domine, avec un excellent éclairage complémentaire, tandis qu’une salle de type boîte noire est utilisée pour présenter l’écologie des fonds marins. Le programme de rénovation d’une qualité exceptionnelle a permis de relever le défi de l’équilibre à trouver entre les besoins d’un bâtiment protégé et ceux d’expositions traitant de sujets contemporains inspirés par certaines recherches récentes de l’Université de Bergen.

Ce musée ne présente pas seulement des résultats de recherche, mais invite le public à s’interroger sur la manière dont ils ont été obtenus et sur la façon dont la connaissance est produite. L’exposition combine des présentations innovantes et ouvertes d’esprit qui délivrent un message scientifique de haut niveau. Elle montre comment les artéfacts qui servent à construire la science peuvent constamment conduire à de nouvelles interprétations. Conçu comme un espace de dialogue et de discussion avec le public, le cadre intellectuel du musée repose sur réflexion approfondie sur ce que devraient être les nouvelles missions et visions d’un musée universitaire. La salle introductive, située à côté de l’entrée du musée, gratuite et reliée au café, présente certaines des propositions les plus ouvertes d’esprit et les plus audacieuses du lieu, menant une réflexion, par exemple, sur le lien supposé entre le niveau d’instruction des femmes et la fertilité, qui était apparemment un sujet de préoccupation sérieux au XIXe siècle.

L’Espace de recherche et de communication scientifique, situé au milieu du bâtiment, permet de voir des expositions basées sur la recherche produites par les facultés de l’Université de Bergen. Par exemple, l’exposition « Vision artificielle » s’est révélée être une brillante démonstration des enjeux éthiques soulevés par la technologie de reconnaissance faciale.

Situé au coeur du campus, non loin du centre-ville de Bergen, ce musée est devenu l’image de marque de l’Université de Bergen et une extension de sa faculté. Avec ses expositions en tous points remarquables, son café bio, son jardin ouvert aux habitants, sa boutique en phase avec sa mission globale, ses manifestations et activités intéressantes et son sens de l’accueil, le musée remplit brillamment sa fonction sociale de lieu de divertissement et de loisir. Mais il fait bien mieux : se définissant comme étant au carrefour de la recherche, des collections et de la communication, il encourage l’analyse critique et utilise le dialogue comme cadre pour le débat public. Ce musée démontre qu’un musée peut bénéficier à une université, en ce qu’il peut l’aider à servir la société en créant de la connaissance avec la participation du public. Le musée aspire à représenter tous les domaines, tout en maintenant et en mettant en lumière leurs liens intrinsèques, et à ménager un juste équilibre entre la science, la recherche, la conservation, la gestion de collections, la communication culturelle et la diffusion des connaissances, tout en étant le plus accueillant et attrayant possible pour son large public.

StarLE PRIX MEYVAERT DU MUSÉE POUR LA GESTION DURABLE 2022

Fensmark, DANEMARK

Holmegaard Værk

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La principale mission de Holmegaard Værk, outre celle de devenir une destination importante pour la création scandinave de verre et de céramique, est d’être un centre de créativité et de servir sa communauté d’artistes et d’artisans. Dès le départ, le musée a collaboré avec la population locale, et en particulier avec les anciens employés de l’usine, qui ont donné des informations et raconté des histoires sur les années d’activité du site, et transmis le savoirfaire nécessaire pour développer le projet d’exposition. Beaucoup d’entre eux continuent de soutenir le musée en tant que bénévoles, apportant leur aide en fonction de leurs capacités – en tant qu’experts et gardiens du savoir, en accueillant les visiteurs à l’espace d’accueil et d’information, en aidant à la boutique de souvenirs ou en cataloguant les vastes collections de Holmegaard.

Holmegaard Værk ne se contente pas de présenter l’histoire d’un type particulier d’artisanat du verre et de la porcelaine, il perpétue également cet héritage. Le musée emploie des verriers locaux dont les travaux peuvent être vus dans l’atelier du site de l’ancienne usine. Ils collaborent avec des artistes et des designers invités sur les lieux pour apporter de nouvelles idées. Les visiteurs peuvent également découvrir la verrerie et la céramique dans le cadre d’ateliers et de cours pratiques régulièrement organisés dans les ateliers du musée.

Les expositions du musée stimulent la réflexion par la façon dont elles s’adressent au public, qu’il s’agisse des installations acoustiques et multimédias qui mettent en lumière le travail de l’ancienne usine, de l’audioguide en ligne complet et facile à utiliser, des expositions temporaires qui aident à mieux comprendre les traditions créatives et l’héritage du lieu, ou des projets qui traitent de l’environnement local.

L’une des réussites les plus importantes du musée sur le plan de la durabilité réside dans la préservation du site de l’usine elle-même. Dans le cadre du projet d’aménagement, les installations de l’usine ont été entièrement restaurées et réaffectées. Certaines pièces ont été maintenues dans l’état dans lequel se trouvait l’usine au moment de sa fermeture. Ces galeries accueillent les anciennes machines et les anciens instruments industriels, dont certains ont encore du verre fondu à l’intérieur. D’autres espaces de l’usine ont été adaptés pour servir à la présentation de la collection permanente et des expositions temporaires. Pendant le projet, quelque 300 tonnes de déchets, dont des matériaux toxiques, ont été retirées des lieux afin de les rendre sûrs pour les visites. Les structures des bâtiments ont été soigneusement préservées et les nouveaux matériaux ont été rigoureusement sélectionnés.

En tant que musée à la pointe de l’innovation et dans le cadre de son programme écoconscient, il développe actuellement un système de production de verre neutre en carbone fondé sur l’utilisation d’énergies renouvelables, qui devrait être mis en place dans les prochaines années.

Le Holmegaard Værk considère également son environnement immédiat comme un atout important. L’écologie de la tourbière de Holmegaard, qui fournissait autrefois la tourbe pour les fours de l’usine, est l’un des centres d’intérêt du musée, de son exposition, de ses programmes publics et de ses promenades d’exploration organisées par les bénévoles.

Le musée s’investit pour assurer la continuité et la pérennité de la production de verre et de céramique. Il travaille en étroite collaboration avec la population locale et est en passe de devenir un centre dynamique de la culture et de l’art créatifs et durables.

StarMention spéciale 2022

Gand, BELGIQUE

Musée de l'Université de Gand (GUM)

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Le musée de l’Université de Gand (GUM) est un nouveau musée universitaire des sciences situé au coeur des jardins botaniques de Gand, et est parfaitement intégré à l’université, tant du point de vue de son bâtiment que de ses objectifs et propositions éducatives. Ce lien étroit qui soutient et sert les fonctions éducatives, scientifiques et culturelles de l’institution universitaire est un atout pour la communauté scientifique, mais aussi pour ses utilisateurs et visiteurs qui peuvent découvrir une collection exceptionnelle et de grande valeur couvrant de nombreuses disciplines, de la biologie à l’ethnographie, de la médecine à la psychologie, de l’archéologie à la zoologie et au-delà.

Le GUM est un excellent exemple de la manière dont un musée peut susciter l’intérêt du public pour des thèmes scientifiques, en créant une atmosphère agréable et motivante pour tous les visiteurs, en démystifiant la complexité des sujets scientifiques par une approche ludique et innovante, en racontant une histoire très humaine de manière très humaine. C’est un lieu où des idées et des points de vue différents se rencontrent, inspirant les visiteurs par la pluralité inattendue des significations et des interactions présentées dans les différents thèmes et par la façon dont ils sont exposés. Au lieu de proclamer une seule vérité, le musée invite à embrasser une multitude de perspectives, favorisant un discours dynamique dans des exposés traitant de sujets très actuels.

Les visiteurs n’acquièrent pas seulement des connaissances sur les grands génies ou les inventions. Ils découvrent également que la science est le résultat d’échecs et d’obstacles surmontés. Au cours de la visite, nous sommes guidés à travers sept thèmes (présentés en quatre langues différentes) : le chaos, le doute, le modèle, la mesure, l’imagination, la connaissance et le réseau. En juxtaposant au sein de chaque thème des objets qui n’ont a priori aucun rapport entre eux, le GUM crée la surprise. Les visiteurs sont mis au défi d’établir des liens, de réfléchir et de s’investir activement dans le sujet. De manière captivante, le GUM applique la devise de l’Université de Gand : « Ose penser », devenant ainsi un lieu de rencontre de la science, du doute et de l’art.

StarMention spéciale 2022

Heilbronn, ALLEMAGNE

experimenta

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experimenta est le plus grand centre scientifique d’Allemagne, situé sur la rive du Neckar, dans un quartier vert et paisible de Heilbronn. L’ensemble du complexe, composé de deux bâtiments, un bâtiment principal pentagonal récemment construit et au design impressionnant, et un entrepôt de graines oléagineuses restauré et transformé en espace d’expérimentation (le ʺMaker’s Spaceʺ), est devenu le nouveau point de repère de la ville. La première structure accueille l’exposition permanente du musée, le dôme scientifique avec un planétarium, un observatoire sur le toit, ainsi que plusieurs studios et laboratoires créatifs. La seconde sert d’espace éducatif permettant aux jeunes inventeurs de réaliser des expériences et d’interagir les uns avec les autres. Le musée, qui aspire à devenir un lieu d’éveil aux sciences, est ouvert aux personnes de tous âges et de tous horizons.

L’exposition permanente d’experimenta, divisée en quatre zones thématiques, s’étend sur quatre étages et un espace de près de 4 000 mètres carrés. Elle invite les visiteurs à explorer et à découvrir en faisant appel à tous leurs sens, en réalisant des expériences dans 275 expositions interactives abordant un large éventail de domaines, tels que les sciences, les sciences humaines, l’entrepreneuriat social et la durabilité environnementale. L’exposition encourage les visiteurs à chercher des réponses à leur propre rythme et en fonction de leurs intérêts et de leurs capacités, ce qui permet de stimuler la motivation intrinsèque de chaque visiteur à acquérir des connaissances.

Un espace supplémentaire est prévu pour les expositions temporaires. Dans quatre studios de création, les visiteurs peuvent découvrir leurs talents en suivant des ateliers pratiques sur les médias et l’ingénierie. experimenta dispose également d’une grande variété de laboratoires proposant des programmes pour les groupes et les individus de tous âges.

L’approche de l’apprentissage innovante et centrée sur l’humain adoptée par le musée, qui cherche à répondre aux besoins d’une société contemporaine en évolution rapide et de plus en plus numérisée, témoigne parfaitement d’un changement complet de paradigme, consistant à abandonner les méthodes conventionnelles au profit d’une nouvelle façon d’apprendre, plus interactive, accessible et amusante. L’innovation, l’interaction et la promotion d’une vision du monde humaniste sont au coeur du travail du musée.

StarMention spéciale 2022

Lecce, ITALIE

Musée Sigismondo Castromediano

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Le musée Sigismondo Castromediano est situé à Lecce, le point d’appui culturel du Salento, un territoire riche en histoire dans la région des Pouilles, dans le sud de l’Italie. Sigismondo Castromediano, un intellectuel et aristocrate qui a fait don de son impressionnante collection archéologique aux autorités locales pour le bénéfice de la population locale, l’a créé en 1868.

Le musée est installé dans un bâtiment du XIXe siècle qui a été largement rénové à la fin des années 1970, selon le projet du célèbre architecte italien Franco Minissi. Ce réaménagement a permis d’améliorer l’accessibilité et la fluidité de l’espace et de créer de nouveaux espaces sociaux multifonctionnels dans les locaux du musée.

Inspirée et guidée par les idées de fluidité et de continuité dans le développement du récit archéologique, la nouvelle exposition permanente a été inaugurée en 2019. L’exposition raconte l’histoire du Salento de la préhistoire au début du XXe siècle à travers cinq itinéraires (le paysage marin, le paysage, le sacré, les vivants et les morts), que les visiteurs sont invités à visiter dans l’ordre qu’ils préfèrent. En s’intéressant à des questions contemporaines telles que la migration et le changement climatique, le musée produit et accueille régulièrement des expositions temporaires, à l’intérieur et à l’extérieur, organise des conférences, des panels, des activités artistiques et éducatives pour un public très diversifié. En outre, en offrant sa solide expertise et son laboratoire de restauration bien équipé, il s’engage de manière proactive dans la préservation, la restauration et la conservation des sites historiques et du patrimoine culturel dans toute la région.

L’idée maîtresse du travail du musée Castromediano est de promouvoir les musées comme des lieux de découverte accueillants et vivants pour les visiteurs de tous âges et de tous horizons. L’accessibilité, la participation et la responsabilisation de la communauté sont les piliers des activités du musée et constituent donc les principes directeurs de tous ses projets.

StarMention spéciale 2022

Toruń, POLOGNE

Maison de Nicolas Copernic – Département du musée de district de Toruń

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La Maison de Nicolas Copernic est le lieu où est né le grand astronome en 1473 et où il a vécu ses premières années. La maison est un objet de musée en soi. Elle date du Moyen ge, mais a été récemment rénovée et accueille aujourd’hui de nouvelles expositions permanentes. Les travaux de restauration ont été exécutés de manière exemplaire et dans un grand respect de l’historicité du bâtiment, avec des interventions fonctionnelles et discrètes et de nombreux équipements modernes pour les visiteurs.

C’est un musée qui incarne la manière dont on peut faire du bon travail avec des ressources limitées et une petite équipe de conservateurs, mais avec beaucoup d’enthousiasme. C’est un lieu accueillant, à l’atmosphère et au personnel sympathiques. Le musée raconte l’histoire de la ville et du quartier dans lequel il est situé. Copernic est présenté comme un homme de Toruń. L’exposition met également l’accent sur l’histoire de la ville, en présentant des objets découverts lors des fouilles menées autour du bâtiment pendant sa rénovation.

Les nouvelles technologies, telles que la réalité virtuelle, sont utilisées pour enrichir l’interprétation muséale de la vie et du travail de Copernic. Sur le toit du musée, une installation artistique subtilement didactique permet aux visiteurs de faire l’expérience de la ville au Moyen ge. Les expositions multimédias du musée emmènent également les visiteurs dans des périodes historiques antérieures et postérieures à celle de Copernic, de l’antiquité à nos jours.

L’exposition est généralement très ludique. C’est assurément une maison-musée historique très populaire pour toutes les tranches d’âge, comme en témoignent les longues files de visiteurs qui attendent de pouvoir y entrer. Il est particulièrement actif dans l’organisation d’activités spéciales pour les enfants, qui vont au-delà de l’espace du musée, ce dernier faisant partie d’un réseau de sept musées placés sous la même administration. Il s’investit aussi activement dans la construction de partenariats internationaux autour du thème de Copernic.

StarMention spéciale 2022

Stockholm, SUÈDE

Musée Nordiska

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Le Nordiska museet a été fondé en 1873 par Artur Hazelius, un ethnographe et folkloriste suédois. Sa collection, qui rend compte des modes de vie régionaux, était initialement composée d’objets tels que des meubles, des vêtements et des jouets provenant de toute la Suède et des autres pays nordiques, rassemblés par Hazelius et par les personnes qui le soutenaient. Le musée continue de préserver le patrimoine culturel de la région nordique, mais il l’intègre dans l’époque actuelle en l’associant, dans ses expositions et ses programmes, à des questions d’actualité et à des sujets modernes et, ce faisant, il offre un point de vue global sur l’histoire culturelle suédoise et sur sa place dans le monde d’hier et d’aujourd’hui.

L’Arctique – Pendant que la glace fond est exposition semi-permanente impressionnante et pleinement d’actualité. S’appuyant sur des études approfondies menées dans différentes disciplines scientifiques, elle pose de multiples questions sur l’impact de la fonte des calottes glaciaires sur la vie dans la région arctique. L’exposition mêle des objets de la collection du musée à des histoires réelles, projetant les informations dans le cadre d’installations multimédias attrayantes, le tout dans un décor artistique magnifiquement conçu, qui donne l’impression de se trouver à l’intérieur d’un iceberg. Elle pose des questions essentielles sur la durabilité, aussi bien en ce qui concerne l’environnement que la vie culturelle des régions du Nord.

Nordiska a également réalisé un travail important pour rendre le musée accessible et intéressant pour tous, en particulier pour la jeune génération. Ses expositions proposent toujours des objets que les enfants peuvent étudier et avec lesquels ils peuvent interagir. De plus, sa dernière exposition, la Voûte temporelle, destinée aux enfants de 8 à 12 ans, emmène le public dans une exploration émaillée d’expériences amusantes et ludiques. Le musée travaille avec différents publics, en veillant à ce que ses vastes collections soient non seulement disponibles (sur place et sous forme numérique), mais aussi intéressantes et pertinentes. Ce faisant, il utilise ses ressources pour attirer l’attention sur des questions et des sujets actuels, et pas seulement sur l’histoire.

StarMention spéciale 2022

Berne, SUISSE

Musée suisse de la cécité

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Le Musée suisse de la cécité, Voir autrement, est géré par la Fondation pour les enfants aveugles et malvoyants. Inauguré en mars 2021, il présente les 200 ans d’histoire de l’éducation des aveugles en Europe et en Suisse. Il est installé juste à côté de l’école pour aveugles de Zollikofen. Du fait de leur proximité, la fondation, l’école et le musée forment un complexe multifonctionnel agrémenté d’un jardin et d’une aire de jeux où les habitants du quartier peuvent venir profiter de leur temps libre.

Par la délicatesse de sa présentation et de son récit, le musée cherche à offrir un cadre d’apprentissage accessible à tous. La façon concrète dont est exposée la collection, comprenant certains supports pédagogiques mis au point et utilisés par l’école, et les expériences sensorielles et pratiques judicieusement conçues permettent aux visiteurs de vivre une expérience enrichissante. Des histoires d’aveugles et de malvoyants accompagnent les expositions tout au long du musée, apportant des points de vue personnels et une touche humaine à l’ensemble.

Fidèle à sa « culture de l’inclusivité », le musée accorde une attention particulière à son accessibilité. Toutes les zones sont accessibles aux fauteuils roulants et le guide média se décline en quatre programmes et modes différents – cécité, déficience visuelle, déficience auditive et langage facile.

Les aveugles et les malvoyants sont les principaux narrateurs du Musée suisse de la cécité. En effet, outre la sensibilisation du grand public au handicap, il cherche également à aider les personnes vivant une situation similaire ou récemment touchées par le handicap à s’adapter à leur nouvelle vie et à la réorienter. La communauté des aveugles et des malvoyants, leurs familles et leurs amis, ainsi que ceux qui étudient ou travaillent dans le secteur éducatif, participent activement aux différentes activités du musée, une participation sans cesse encouragée par le musée qui cherche ainsi à améliorer son récit, ses expositions et ses activités. Cette approche participative du musée en fait assurément un lieu spécial.

StarMention spéciale 2022

Plymouth, ROYAUME-UNI

"The Box" (Arca Plymouth U.K Ltd.)

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“The Box” est une institution entièrement nouvelle et imaginative rassemblant une importante collection muséale et deux grandes collections d’archives dans les bâtiments rénovés d’un musée et d’une bibliothèque qui ont été reliés entre eux pour pouvoir accueillir au sein d’un espace plus vaste et plus pratique les collections de la ville de Plymouth. Les quatre bâtiments qui abritent “The Box” sont reliés par un nouvel édifice de quatre étages qui rationalise la circulation et offre un précieux espace supplémentaire, notamment le dernier étage en forme de boîte, qui accueille les archives papier de la ville et d’où est né le nom du lieu. Avec des expositions exceptionnelles et un accès facile pour tous, ce nouveau complexe muséal offre un nouvel atout culturel à la ville, mais il offre également, par ses politiques et programmes de participation de la collectivité, des services extrêmement utiles à ses habitants et visiteurs.

La plupart de ses expositions conviennent aux visiteurs de tout âge, des plus jeunes aux adultes. Elles comprennent des écrans interactifs performants et des reconstitutions de l’histoire environnementale de la région. Les galeries sont élégantes, avec d’excellentes présentations visuelles de la géologie et de l’histoire de la région et de la ville. L’importance maritime de Plymouth est mise en scène avec finesse. Un accent particulier est placé sur l’histoire du Mayflower, célèbre pour avoir quitté Plymouth en 1620 et emmené les « pèlerins » vers ce qui est aujourd’hui la Nouvelle-Angleterre. Leur débarquement a été une étape déterminante dans l’évolution de ce que sont devenus plus tard les États- Unis. La galerie Mayflower présente une reconstitution du petit navire, des informations sur ses passagers et des objets associés au voyage. Elle montre à sa façon comment les simplifications de l’histoire telles qu’elles sont relatées dans les manuels scolaires et les récits d’aventure, même d’un passé récent, sont aujourd’hui remises en question.

Les activités programmées, qu’elles s’adressent aux plus jeunes, aux étudiants de l’enseignement supérieur ou aux populations ayant besoin d’être mieux intégrées dans la société, sont exemplaires. Une équipe de bénévoles prête main-forte au musée pour les programmes destinés aux groupes marginalisés et pour les travaux internes. Il s’agit d’un musée régional remarquable qui ambitionne d’avoir un grand impact culturel, éducatif et social.

EMYA Jury 2022

  • Marlen Mouliou, professeure de muséologie, faculté d’histoire et d’archéologie, Université nationale et capodistrienne d’Athènes, Grèce (présidente jusqu’en mai 2022)
  • José Gameiro, fondateur et directeur scientifique, musée de Portimão, Portugal (juge invité pour l’EMYA 2022)
  • Agnes Aljas, secrétaire de recherche du musée national estonien, Estonie
  • Amina Krvavac, directrice exécutive, musée de l’enfance en temps de guerre, Bosnie-Herzégovine (présidente depuis mai 2022)
  • Afsin Altayli, chercheur indépendant, France
  • Adriana Munoz, conservatrice, Musée national des cultures du monde, Göteborg, Suède
  • Christophe Dufour, ancien directeur, Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel, Suisse
  • Mark O’Neill, professeur associé, Université de Glasgow, Royaume-Uni
  • Atle Faye, responsable de l’équipe de communication, École nationale des arts d’Oslo, Norvège (juge invité pour l’EMYA2022)
  • Michael Ryan, ancien directeur de la Chester Beatty Library, Dublin, Irlande (juge invité pour l’EMYA2022)
  • Metka Fujs, historienne, conseillère de musée, directrice, Pomurje Museum Murska Sobota, Slovénie
  • Dina Sorokina, ancienne directrice du musée Boris Eltsine, chercheuse et consultante indépendante, Fédération de Russie

Partners

CANDIDATS AU PRIX EUROPÉEN DU MUSÉE DE L'ANNÉE 2022

  • Musée d'histoire naturelle du Weiherburg, Innsbruck, AUTRICHE
  • Musée juif de Vienne, Vienne, Autriche
  • KBR Museum, La bibliothèque des ducs de Bourgogne, Bruxelles, Belgique
  • Musée de l'Université de Gand (GUM), Gand (Belgique)
  • Musée L – Musée universitaire de Louvain, Louvain-la-Neuve, BELGIQUE
  • MigratieMuseumMigration, Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles), BELGIQUE
  • Musée de la sculpture sur bois, Konjic, BOSNIE-HERZÉGOVINE
  • Musée de la ville de Virovitica, Virovitica, CROATIE
  • Musée de l’occupation, Aarhus 1940-45, Aarhus, DANEMARK
  • Musée Holmegaard, Fensmark, DANEMARK
  • Musée d’Holstebro, Holstebro, DANEMARK
  • Fondation du Musée maritime estonien, Tallinn, ESTONIE
  • Music Museum Fame – The Finnish Music Hall of Fame, Helsinki, FINLANDE
  • Musée national de l’air et de l’espace, Paris, FRANCE
  • Musée de Bolnisi, Musée national de Géorgie, Bolnisi, GÉORGIE
  • Maison de Beethoven, Bonn, ALLEMAGNE
  • Forteresse de Dresde, Dresde, ALLEMAGNE
  • Centre Ludwig Erhard, Fürth, ALLEMAGNE
  • experimenta, Heilbronn, ALLEMAGNE
  • Maison-musée Hegel, Stuttgart, ALLEMAGNE
  • Musée Kapodistrias – Centre d’études capodistriennes, Corfou, GRÈCE
  • Musée islandais d’histoire naturelle, Reykjavik, ISLANDE
  • Nano Nagle Place, Cork, IRLANDE
  • Musée de la littérature d’Irlande (MoLI), Dublin, IRLANDE
  • Musée Sigismondo Castromediano, Lecce, ITALIE
  • Musée du design ADI, Milan, ITALIE
  • Alūksne Bānītis Station, Alūksne, LETTONIE
  • Musée Allard Pierson, les collections de l’Université d’Amsterdam, Amsterdam, PAYS-BAS
  • Musée de l’esprit | Dolhuys, Haarlem, PAYS-BAS
  • Musée et mausolée Comenius, Naarden, PAYS-BAS
  • Musée universitaire de Bergen – Histoire naturelle, Bergen, NORVÈGE
  • Musée du Fram, Oslo, NORVÈGE
  • Musée nordique de la Bible, Oslo, NORVÈGE
  • Maison de Nicolas Copernic – Département du musée de district de Toruń, Toruń, POLOGNE
  • Parc du Côa – Fondation pour la préservation et le développement de la vallée du Côa, Vila Nova de Foz Côa, PORTUGAL
  • Musée de la cosmonautique, Moscou, FÉDÉRATION DE RUSSIE
  • Musée-réserve historique et architectural « Tsaritsyno » de l’art et du paysage, Moscou, FÉDÉRATION DE RUSSIE
  • Musée Chernomyrdin, Tschorny Otrog, oblast d’Orenburg, FÉDÉRATION DE RUSSIE
  • Musée national de Belgrade, Belgrade, SERBIE
  • Musée d’art contemporain Helga de Alvear, Cáceres, ESPAGNE
  • Musée de la chaussure et de l’industrie, Inca, ESPAGNE
  • Musée Gaudí Casa Botines, Leon, ESPAGNE
  • Fondation Mas Miró, Mont-roig del Camp, ESPAGNE
  • Musée de Sörmland, Sörmland, SUÈDE
  • Nordiska Museem, Stockholm, SUÈDE
  • Musée suisse de la cécité, Berne, SUISSE
  • Musée du trésor de la cathédrale, Coire, SUISSE
  • Fondation Opale, Lens, SUISSE
  • Maison des musées, Olten, SUISSE
  • Musée des vallées de Mesolcina et de Calanca, San Vittore, SUISSE
  • Château de Wildegg – Musée d’Argovie, Wildegg, SUISSE
  • Musée de la banque Ziraat, Ankara, TURQUIE
  • Göbeklitepe, Sanliurfa, TURQUIE
  • Musée de Van, Van, TURQUIE
  • Musée de Tunceli, Tunceli, TURQUIE
  • Victoria Museum, Kiev, UKRAINE
  • Aberdeen Art Gallery, Aberdeen, ROYAUME-UNI
  • National Maritime Museum, Greenwich, ROYAUME-UNI
  • Science Museum, Medicine: The Welcome Galleries, Londres, Royaume-Uni
  • The Box (Arca Plymouth U.K Ltd.), Plymouth, ROYAUME-UNI

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Published by: European Museum Forum
Edited by: Dina Sorokina, Marlen Mouliou, Mark O’Neill
Graphic Layout: Submarine, Sarajevo